Le Parlement russe a adopté une loi autorisant la saisie des biens des Russes partis de Russie et agissant contre les intérêts de leur pays. Pour Karine Bechet, cette décision marque un tournant symbolique : en période de guerre, la Russie reconnaît enfin l’existence d’un ennemi intérieur et extérieur.
Le Parlement russe a adopté une loi permettant de mettre en cause la responsabilité des citoyens russes, résidant en dehors de Russie, pour certains actes commis en dehors du territoire national, dans certains cas où cela contrevient à la législation russe.
Les fondements ont été précisés et correspondent à l’activité débordante de certains « experts » de plateau, anciens « libéraux » en exil, bref tout ce troupeau de petites mains utilisées et financées par l’Occident, dans sa guerre contre la Russie.
Plus concrètement, il s’agit de l’utilisation excessive de la liberté de la presse et des médias, de l’incitation à la haine ou à l’hostilité, des appels publics à des actions visant à violer l'intégrité territoriale de la Fédération de Russie, de la discréditation des forces armées russes et des appels à l’adoption de sanctions contre la Russie.
Ces éléments constituent l’essentiel de l’activité de ceux qui travaillent en Occident contre la Russie. Les médias alignés recrutent des « expatriés » russes, qui doivent impérativement détester leur pays, et sont ainsi présentés comme « experts ». Puisque Russes. Donc, ils sont censés donner un point de vue « objectif » et ainsi légitimer la ligne politique agressive de l’Occident envers la Russie. Nous ne comptons plus ces personnes qui appellent à toujours plus de sanctions contre leur pays d’origine, déversent leur haine et leur rancœur en direct, dans des publications de propagande et sont financées pour cela.
Parallèlement, d’anciens opposants partis depuis des années après de cuisants échecs politiques en Russie, puisque n’ayant objectivement aucun soutien populaire, sont recrutés en Occident, afin de tenter un scenario à la Guaidó ou à la Tikhanovskaïa. Il s’agit de mettre en place de soi-disant gouvernements parallèles, qui ne sont que médiatiques, certes, mais attendent le moment propice pour être activés. Sans oublier tous les plans de dissection de la Russie, afin de la faire disparaître géographiquement et politiquement.
En plus de ceux-ci, des personnalités du show biz, souvent rentrées en Israël, utilisent leurs revenus en Russie pour y vivre et produire de la propagande anti-russe.
En toute période de guerre, la collaboration a toujours existé. Certains travaillent de l’intérieur du pays à défendre les intérêts de l’ennemi ou utilisent leur position pour influencer la ligne politique des dirigeants. D’autres sont en fonction à l’extérieur. Ceux-ci sont plus radicaux, car telle est la « commande ». Ce qui ne veut pas dire que les personnes infiltrées sont moins dangereuses.
Comme l’a déclaré le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, « ceux qui ont fui à l’étranger et qui, avec l’aide de soutiens occidentaux, appellent au terrorisme et à l’extrémisme, justifient le nazisme et insultent nos soldats et officiers, doivent comprendre qu’ils devront répondre de leurs actes, tant pour des infractions pénales qu’administratives. ».
Ainsi, lorsque ces Russes expatriés, appelés en Russie « relocants », commettent ces infractions énumérées, ils peuvent encourir une responsabilité devant la justice nationale de leur pays d’origine. Et comme mesure de sécurité, leurs biens pourront être saisis.
Toucher aux revenus de ces personnes qui, pour l’essentiel, ne se battent pas pour des idées, mais pour des avantages pécuniaires ou pour avoir un instant de gloire, ce qui flatte leur ego, est un moyen très efficace de les faire réfléchir. Ces gens ne sont pas des héros, ils sont des marionnettes, en général pas très courageuses. Ils se sentent forts tant qu’ils sont protégés, logés et nourris par leurs curateurs.
Comme le souligne le président de la Douma, « c'est une juste mesure de responsabilité envers ceux qui violent cyniquement nos lois, tout en continuant à vivre de ce qu'ils gagnent en Russie ».
Ainsi, la loi est précise et n’instaure pas un régime juridique incertain et répressif aveugle. Tout Russe vivant à l’étranger n’est pas concerné, loin de là. Il faut qu’il viole la législation russe et qu’une décision de justice russe soit rendue pour que les mécanismes soient enclenchés.
Les gens sont libres d’avoir des opinions, de les exprimer. Mais toute liberté entraîne une responsabilité. C’est ce que nous oublions un peu trop vite, à l’époque d’un infantilisme généralisé. S’ils veulent jouer les martyres sur les plateaux télé, il faut accepter, comme Mandela et d’autres personnes qui se battaient réellement pour leurs idées, d’en assumer le prix.
Dans ce cas précis, soyons sérieux, ces « relocants » préfèrent jouer la comédie du martyre et ne surtout rien risquer. Par ailleurs, ils ne courent de véritables risques que matériels, ce qui est bien léger. Et finalement assez logique, pour deux raisons.
Tout d’abord, rappelons que nous, Français vivant en Russie, et osant poser des questions dérangeantes pour le pouvoir français, nous sommes confrontés à des difficultés administratives, des fermetures de comptes en banque voire des sanctions. Les personnes de nationalité russe comme Xenia Fedorova, qui osent parler de la corruption en Ukraine, pourtant bien connue, et soulever la question du pluralisme en France, font l’objet de persécutions, pour l’instant médiatiques, en toute impunité pour leurs auteurs.
Ensuite, l’Occident est en guerre contre la Russie « en » Ukraine. Si des Russes veulent travailler à la chute de leur pays, cela s’appelle de la collaboration, voire de l'entente avec l’ennemi. Ce qui a toujours entraîné la responsabilité de leurs auteurs.
Cette loi adoptée en Russie est hautement symbolique. Elle marque un tournant politique en reconnaissant l’existence d’un ennemi, ce que les élites russes faisaient jusqu’ici avec beaucoup de prudence.
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