Crise d’Ormuz : la France envoie le Charles de Gaulle vers la mer Rouge
© Andia/Universal Images Group Source: Gettyimages.ruLa France aurait proposé le 6 mai aux États-Unis ainsi qu’à l'Iran de «traiter la question d'Ormuz à part» du reste du conflit, faisant part de ses «exigences» à l’égard des belligérants. Parallèlement, le porte-avions français Charles de Gaulle franchit le canal de Suez afin de se diriger «vers le sud de la mer Rouge».
Le porte-avions Charles de Gaulle a franchi le canal de Suez afin de se « rapprocher du théâtre de crise », ont rapporté le 6 mai des médias français. Une mesure « purement défensive », évoque Le Figaro, qui relaie l’état-major français, reprenant les termes d’Emmanuel Macron qui — depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran — assure que la France se tient prête à participer, « dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit », à l’escorte de porte-conteneurs ainsi que de tankers.
Le navire amiral de la Marine nationale, ainsi que son escorte, étaient déployés en Méditerranée orientale depuis le 9 mars à la suite de frappes attribuées au Hezbollah et à l’Iran contre Chypre, qui abrite des bases britanniques.
Quasiment au même moment, toujours selon des médias français, l’Élysée aurait fait part de ses « exigences » à l’encontre de Washington et de Téhéran, leur proposant de « traiter la question d’Ormuz à part » du reste du conflit.
« Nous pouvons offrir à l'Iran de passer à nouveau à travers le détroit d'Ormuz [...] à condition que l'Iran accepte de s'engager dans la négociation sur le fond », aurait ainsi déclaré la présidence française à des journalistes, ajoutant que les États-Unis devraient, de leur côté, lever leur « blocus d’Ormuz ».
Toujours selon ces sources, un conseiller d’Emmanuel Macron, assurant parler au nom de la coalition des pays non belligérants, aurait affirmé que le passage du Charles de Gaulle par le canal de Suez constituait « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d'Ormuz, mais que nous en sommes aussi capables ».
Ces déclarations surviennent au lendemain d’une frappe iranienne ayant visé un porte-conteneur de la compagnie maritime française CMA-CGM et qui, selon Le Parisien, participait à l’opération américaine « Project Freedom » pour « guider » les navires à travers le détroit d’Ormuz.
Cet axe maritime stratégique, par lequel transitent 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, demeure de facto fermé depuis le déclenchement, fin février, d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran. Une situation préoccupante dans une Europe qui a décidé de se couper de tout hydrocarbure russe, laissant planer le spectre de pénuries, notamment dans le secteur aérien.