Pourparlers UE – Russie : Kallas écarte une hypothétique participation de Schröder et n’exclut pas d’y prendre part elle-même
© Dursun Aydemir/Anadolu Source: Gettyimages.ruLors d’une conférence de presse ce 11 mai, la vice-présidente de la Commission européenne en charge des relations extérieures a balayé toute participation à des pourparlers sur l’Ukraine d’un négociateur européen qui aurait été «désigné» par la Russie, et et a affirmé «être capable de voir clair dans les pièges que la Russie tente de nous tendre».
« Tout d'abord, accorder à la Russie le droit de désigner un négociateur en notre nom ne serait pas très judicieux », a déclaré ce 11 mai à la presse Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, interrogée sur la « proposition de Poutine de nommer Gerhard Schröder comme négociateur » de l’UE en cas de pourparlers entre le bloc et la Russie sur une paix en Ukraine.
« Je pense que Gerhard Schröder a été un lobbyiste de haut niveau pour les entreprises publiques russes », a ajouté la chef de la diplomatie européenne, à l’endroit de l’ancien chancelier allemand (1998 – 2005), qui fut notamment président du conseil d'administration de Rosneft, et a accusé le président russe de rechercher une « influence considérable sur les deux parties ».
« Quand un responsable politique ne s'envoie pas lui-même des fleurs, personne ne lui en jette. Je pense donc être capable de voir clair dans les pièges que la Russie tente de nous tendre », a par ailleurs déclaré Kallas, notamment citée par Reuters, alors interrogée sur son éventuelle participation à ces éventuels pourparlers, attribuant cette citation à l’ancien président américain George Bush, alors qu’elle est en réalité tirée de l'autobiographie de Bill Clinton a souligné le site Euractiv.
« Il est temps d'entamer des discussions avec la Russie », estime le président finlandais
« Que les Européens choisissent un dirigeant en qui ils ont confiance et qui n'a rien dit de désagréable à notre sujet », avait déclaré à la presse deux jours plus tôt le président russe Vladimir Poutine, à l’occasion des commémorations du Jour de la Victoire, et faisant part de sa préférence pour l’ancien chancelier.
Dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera, paru ce 11 mai dans la matinée, le président finlandais a déclaré que les Européens devraient « engager un dialogue direct » avec la Russie « si la politique américaine envers la Russie et l'Ukraine ne sert pas les intérêts de l'Europe ».
« Oui, il est temps d'entamer des discussions avec la Russie. J'ignore quand cela se produira. Nous avons discuté avec les dirigeants européens de qui établira le contact, nous ne le savons pas encore », a poursuivi ce dirigeant finlandais qui estime notamment que la Russie devrait se voir priver de son droit de vote au Conseil de Sécurité des Nations Unies.