Netanyahou verrouille le maintien israélien au Liban-Sud
© Getty ImagesBenjamin Netanyahou affirme qu’Israël conservera sa «zone de sécurité» au Liban-Sud aussi longtemps qu’il restera au pouvoir. Israel Katz exclut tout retrait, même sous pression américaine, et justifie cette présence par des impératifs sécuritaires. Ces déclarations fragilisent les négociations en cours avec le Liban.
Les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, Israel Katz, ont dissipé les derniers doutes sur les intentions d’Israël au Liban-Sud. Malgré les discussions en cours à Washington et les efforts de médiation américains, les dirigeants israéliens affirment désormais ouvertement qu’aucun retrait des zones occupées ne sera envisagé à court terme.
« Tant que je serai Premier ministre, nous maintiendrons la zone de sécurité dans le sud du Liban », a déclaré Benjamin Netanyahou. Cette position marque un durcissement du discours israélien alors que les négociations avec Beyrouth portent précisément sur les modalités d’un retrait progressif et sur le déploiement de l’armée libanaise dans les secteurs concernés.
La politique jusqu'au-boutiste d'Israël
Pour le chef du gouvernement israélien, la guerre engagée après le 7 octobre 2023 a profondément modifié la doctrine sécuritaire du pays. Il estime que les opérations menées contre le Hamas à Gaza et contre le Hezbollah au Liban ont permis à Israël de reprendre l’initiative stratégique et de repousser les menaces pesant sur ses frontières. Dans cette logique, la création d’une zone tampon au Liban-Sud est présentée comme une nécessité sécuritaire durable.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a tenu un discours encore plus catégorique. Selon lui, son pays ne se retirera pas du Liban-Sud « même en cas de demande américaine ». Il a affirmé que la présence militaire israélienne visait à empêcher toute reconstitution des capacités du Hezbollah à proximité de la frontière. Israel Katz a également indiqué que les habitants libanais déplacés ne pourraient pas revenir dans les zones concernées, estimant que les infrastructures locales ont été détruites et que la région doit rester sous contrôle militaire.
Ces déclarations interviennent alors que Washington tente de promouvoir un mécanisme fondé sur des « zones pilotes » permettant à l’armée libanaise de se déployer progressivement après un retrait israélien. Elles risquent donc de compliquer davantage les négociations en cours, Beyrouth ayant fait du retrait complet des forces israéliennes une condition centrale de tout accord durable.
Au-delà du Liban, les propos d’Israel Katz révèlent une évolution plus large de la stratégie israélienne. Le ministre a également exclu un retrait des territoires conquis en Syrie, affirmant que la sécurité d’Israël exigeait désormais une présence militaire avancée sur les territoires considérés comme menaçants.
Dans ce contexte, l’écart entre les objectifs affichés par les médiateurs américains et les positions du gouvernement israélien apparaît plus marqué que jamais.