Venezuela : Washington renforce son emprise sur la manne pétrolière
© Getty ImagesPlus de 500 000 barils de pétrole vénézuélien sont expédiés chaque jour vers les États-Unis, contre environ 135 000 fin 2025. Washington fournit en retour du naphta au Venezuela et accompagne la remontée de sa production, désormais proche de 1,25 million de barils par jour. Les revenus pétroliers restent placés sous supervision américaine.
Sept mois après le renversement de Nicolas Maduro par les États-Unis, le pétrole vénézuélien alimente de nouveau massivement les raffineries américaines. Plus de 500 000 barils par jour sont désormais expédiés vers les États-Unis sur une production nationale d'environ 1,25 million, selon le sous-secrétaire américain à l'Énergie, Kyle Haustveit. Fin 2025, ces exportations n'atteignaient encore qu'environ 135 000 barils quotidiens.
Cette accélération profite directement aux raffineries du golfe du Mexique, spécialement adaptées au brut lourd et soufré vénézuélien. Washington fournit parallèlement plus de 100 000 barils par jour de naphta à Caracas afin de diluer ce pétrole et d'en faciliter l'exploitation. Une relation qualifiée de « partenariat énergétique » par l'administration américaine, mais qui illustre aussi la dépendance croissante de l'industrie vénézuélienne envers son puissant voisin.
La mise sous tutelle américaine
Caracas cherche désormais à accélérer sa production. PDVSA prévoit environ 1,245 million de barils par jour fin août et fait état d'une hausse de près de 20 % de ses exportations depuis janvier. Le potentiel reste considérable : avec environ 303 milliards de barils, le Venezuela possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole de la planète.
Mais cette reprise intervient sous une tutelle américaine étroite. Après l'éviction de Maduro, Donald Trump avait ouvertement revendiqué un contrôle sur les revenus tirés du pétrole vénézuélien. Marco Rubio avait ensuite expliqué que les recettes seraient déposées sur un compte supervisé par Washington, Caracas devant justifier certaines dépenses.
Plus de 13 milliards de dollars auraient déjà été générés cette année par les ventes de pétrole vénézuélien. L'utilisation de ces recettes reste toutefois entourée d'opacité. Derrière le discours américain d'un partenariat rentable aux deux pays se dessine ainsi un rapport de force particulièrement déséquilibré : Washington bénéficie d'un accès privilégié aux immenses ressources vénézuéliennes tout en conservant un droit de regard déterminant sur les revenus qu'elles génèrent.