Flambée des cours du pétrole : la Russie «a averti à plusieurs reprises» des conséquences d’une intervention au Moyen-Orient, a souligné Poutine
© RIA NovostiLe président russe a convoqué ce 9 mars une réunion au Kremlin afin de faire le point sur la situation du marché mondial du pétrole et du gaz. Réunion au cours de laquelle il a notamment déclaré être «prêt à travailler avec les Européens» sur les questions énergétiques, dès lors qu'elles seraient dénuées de «toute pression politique».
« Cet itinéraire est désormais effectivement fermé ». Lors d’une réunion au Kremlin, convoquée ce 9 mars par Vladimir Poutine, ce dernier a constaté le blocage de facto du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transitait « en 2025, environ un tiers des exportations mondiales de pétrole par voie maritime » soit « environ 14 millions de barils par jour ».
En réponse au lancement de l’offensive américano-israélienne sur l’Iran, le 28 février, les Gardiens de la révolution ont promis de « brûler tout navire » qui tenterait de franchir ce détroit jouxtant le territoire iranien, fermant ainsi le Golfe persique sur les rives duquel sont situés les principaux ports des pays producteurs de gaz et de pétrole de la région.
En conséquence, le cours de l’or noir – et dans son sillage celui de l’or bleu – n’a eu de cesse de grimper ces dix derniers jours, en particulier dans la nuit du 8 au 9 mai où le Brent et le WTI ont enregistré une hausse record de 25% qui est venu impacter les principales places financières asiatiques et européennes.
« La Russie, je tiens à le souligner d'emblée, a averti à plusieurs reprises que toute tentative de déstabilisation de la situation au Moyen-Orient mettrait inévitablement en péril le complexe énergétique mondial », a souligné Vladimir Poutine.
Si ces prix sont « temporaires », a relativisé le président russe, celui-ci a néanmoins appelé à « agir en conséquence ». « Les approvisionnements en gaz naturel liquéfié en provenance du Moyen-Orient ont fortement diminué », a-t-il constaté, ajoutant qu’il « faudra des semaines, voire des mois » pour rétablir la capacité de production dans cette région.
Interdiction des hydrocarbures russes dans l'UE : « Nous ne devons pas attendre qu’on nous claque la porte au nez », estime Poutine
Soulignant que « la Russie est un fournisseur d’énergie fiable », Vladimir Poutine a indiqué que les livraisons de pétrole et de gaz « vers les pays qui sont eux aussi des partenaires fiables » se poursuivraient. « Je parle non seulement de nos partenaires de la région Asie-Pacifique, mais aussi de l’Europe de l’Est, comme la Slovaquie et la Hongrie », a-t-il précisé.
Concernant les « entreprises et consommateurs européens », le président russe a rappelé que son pays demeurait « prêt à travailler » avec eux, sur les questions énergétiques, s’ils étaient prêts à « une coopération durable et à long terme, libre de toute pression politique ». Vladimir Poutine a notamment rappelé que Bruxelles prévoyait de définitivement fermer les portes du marché européen aux hydrocarbures russes, d’ici la fin 2027.
« Nous ne devons pas attendre qu’on nous claque la porte au nez, mais plutôt nous en occuper dès maintenant et réorienter ces volumes importants du marché européen dans une direction plus intéressante, et surtout nous y implanter », a estimé sur ce point le président russe, assurant que le gouvernement avait « été chargé d’évaluer la possibilité et la faisabilité d'une cessation des livraisons de notre énergie vers le marché européen ».
« Nous sommes prêts à travailler avec les Européens », a insisté le chef d’État russe, avant de poursuivre : « nous avons toutefois besoin de quelques signaux de leur part indiquant leur volonté de travailler avec nous et de nous garantir la durabilité et la stabilité nécessaires ».