Réforme de la PAC, Mercosur, MACF… malgré les coups de boutoirs de Bruxelles, Annie Genevard appelle les agriculteurs à la «désescalade»
© Guillaume Pinon/NurPhoto Source: Gettyimages.ruAlors que les syndicats agricoles sont attendus à Matignon les 5 et 6 janvier, dans un entretien à la Tribune Dimanche, la ministre française de l’agriculture Annie Genevard les a appelés à la «désescalade» et à la «responsabilité». Le traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur pourrait être signé le 12 janvier.
« Il faut vraiment opérer une désescalade de la violence, cesser les blocages, et cela est la responsabilité des organisations syndicales », a enjoint la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard dans un entretien publié le 3 janvier dans La Tribune Dimanche.
Une parution qui survient à un peu plus d’un mois du rendez-vous annuel du Salon de l’Agriculture, sur lequel plane l’ombre de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais surtout à la veille de rencontres prévues à Matignon entre le Premier ministre français Sébastien Lecornu et les syndicats d’agriculteurs. Des rencontres présentées par une partie de la presse française comme « cruciales », alors que la filière agricole du pays demeure plongée dans la crise.
Au-delà de la DNC qui menace le cheptel du Sud-Ouest, la refonte de la PAC que souhaite impulser la Commission européenne, l’instauration d’un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) ainsi que la signature du traité de libre-échange UE-Mercosur, viennent mettre en péril le modèle économique de l’agriculture française.
PAC : une réunion « de la dernière chance » le 7 janvier
« Nous avons fixé deux lignes rouges », a assuré Anne Genevard sur le dossier de la prochaine PAC. Pilier historique du budget européen, celui-ci pourrait être raboté de 20% à compter de 2028, selon le projet de budget à long terme de l’UE – pour la période 2028-2034 – présenté mi-juillet par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Son budget revenant à la France, de 65 milliards d’euros, ne peut être réduit, et la PAC doit rester communautaire », a plaidé la ministre française, « sinon, c’est la porte ouverte à une concurrence déloyale pour nos agriculteurs ». « Je serai à Bruxelles le 7 janvier pour une réunion de la dernière chance et je ne veux pas en revenir sans garanties », a-t-elle asséné.
Ton similaire sur le dossier de l’ajustement carbone aux frontières (MACF). Souvent désignée comme la « taxe carbone européenne », ce dispositif impulsé par la Commission von der Leyen, vise à imposer, sous peine de surtaxation, aux entreprises dans l’UE de déclarer les émissions de gaz à effet de serre directes et indirectes de leurs importations de marchandises jugées polluantes (telles que l’acier, l’aluminium, le ciment et les engrais).
MACF : un choc administratif pour les PME
— BFM Business (@bfmbusiness) December 31, 2025
Acier, aluminium, ciment, engrais… les entreprises devront désormais déclarer le contenu carbone des produits qu’elles importent. Et le dispositif s’annonce comme un nouveau choc administratif pour les PME.
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« Le Premier ministre a écrit à ce sujet à Ursula von der Leyen », assure l’ancienne présidente par intérim des Républicains, affirmant que l’exécutif tricolore veut « un coût zéro pour nos agriculteurs » de ce dispositif et reconnaissant que « son application aux engrais risque de déstabiliser les filières des grandes cultures en augmentant leurs charges ». « Et je construis une coalition avec mes homologues de pays inquiets comme nous, pour exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais », a-t-elle ajouté.
Quant au traité de libre échange entre l’UE et le Mercosur, qui pourrait être signé le 12 janvier, le sujet a fait l’objet d’une courte réponse de la ministre française. « Le compte n’y est toujours pas », a-t-elle toutefois déclaré à l’égard de ce traité qui, lorsqu’il a été conclu par la Commission von der Leyen en 2024 n’était, selon Anne Genevard, ni « juste » ni « équitable ».