«Il serait profondément inquiétant que Marine Le Pen soit écartée», déclare Jordan Bardella à la veille du procès en appel
Source: Gettyimages.ruÀ la veille du procès en appel de Marine Le Pen, qui pourrait sceller son avenir politique, Jordan Bardella a pris la parole ce 12 janvier. En défendant la cheffe du RN, il a attaqué l’exécutif, dénoncé l’instabilité du pays et mis en cause le traitement médiatique de l’affaire. Une déclaration sous tension, dans un moment clé pour le parti.
Les dirigeants du Rassemblement national ont pris la parole ce 12 janvier, à la veille de l’ouverture du procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Condamnée en mars dernier à cinq ans d’inéligibilité, la députée vise toujours l’élection présidentielle de 2027. « Ce procès se tiendra au détriment de ma présence à l’Assemblée nationale », a-t-elle indiqué, avant de préciser que sa décision de se présenter dépendra du jugement attendu cet été.
Depuis la Maison de l’Amérique latine à Paris, Jordan Bardella s’est exprimé devant la presse. Il a réaffirmé son soutien à Marine Le Pen, assurant qu’elle « démontrera son innocence » et avertissant contre une possible exclusion de « la candidate aujourd’hui donnée favorite ». Il a déclaré : « Je veux redire avec force mon soutien total et mon amitié à Marine Le Pen ». Il a estimé qu’il serait « profondément inquiétant pour la démocratie » qu’elle soit empêchée de concourir, rappelant que « la démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave ni acte déloyal ».
Une attaque contre l’exécutif, Bruxelles et les médias
Jordan Bardella a ensuite dressé un constat critique de la situation politique en France. « Un seul mot permet de caractériser l’année 2025 : l’instabilité », a-t-il affirmé, pointant « des gouvernements sans légitimité » et « des compromis obscurs ». Il a annoncé qu’une motion de censure serait déposée contre le gouvernement Lecornu.
Le président du RN a également dénoncé une pression fiscale excessive, évoquant la hausse des carburants, la réduction des allocations familiales, la fiscalité sur les mutuelles et la CSG. « Trop d’impôt tue l’impôt », a-t-il résumé, en critiquant les effets de cette politique sur le travail et la croissance.
Il a qualifié la signature du traité Mercosur de « provocation à l’égard des agriculteurs français » et dénoncé « un renoncement grave à l’intérêt national ». Une motion de censure contre la Commission européenne sera déposée par son groupe au Parlement européen, a-t-il annoncé.
À l’approche des élections municipales de mars 2026, il a appelé la droite à « joindre ses forces » et a annoncé un nombre record de listes RN pour ce scrutin. Il a évoqué la perspective d’un débat « apaisé, exigeant et respectueux », tout en affirmant que les candidats s’éloignant de la ligne du parti ne seraient pas investis.
Jordan Bardella s’en est également pris aux médias, qu’il accuse de relayer des « fake news » sur le procès du RN. Il a pointé du doigt « l’ingérence » dans cette affaire et dénoncé « les prises de position militantes du service public audiovisuel, clairement orientées à gauche », selon lui.
Les échéances, l’Ukraine et la posture internationale du RN
Sur le volet international, Jordan Bardella a insisté sur sa position vis-à-vis du conflit en Ukraine. Il a réitéré son « souhait d’un cessez-le-feu rapide » et réaffirmé son opposition à l’envoi de troupes françaises. Il a aussi critiqué l’intervention américaine au Venezuela, évoquant l’enlèvement du président Maduro. À ses yeux, « le renversement d’un gouvernement par l’extérieur et par la force ne fait qu’aggraver les déséquilibres du monde ». Il a vu dans cette opération une manœuvre dictée par « l’intérêt économique des compagnies pétrolières » et un retour assumé de la doctrine Monroe sous Donald Trump.
Interrogé sur une plainte visant une formation de media training à laquelle il a participé, soupçonnée de détournement de fonds publics, Jordan Bardella a répondu : « Je n’ai absolument rien à me reprocher », annonçant avoir déposé plainte pour dénonciation calomnieuse.
Dans un climat politique et judiciaire tendu, cette prise de parole vise à resserrer les rangs du parti et préparer les échéances à venir.