Macron compare l’OTAN à une «grenouille spinale»
Source: Gettyimages.ruEmmanuel Macron a relancé le débat sur l’utilité de l’OTAN. Lors d’un dîner à l’Élysée, le président français aurait comparé l’Alliance à une «grenouille spinale», rappelant ses critiques sur la «mort cérébrale» de l’organisation et son ancien appel à une défense européenne autonome.
Le président français Emmanuel Macron a de nouveau exprimé ses doutes quant à l’efficacité réelle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Revenant sur ses propos passés concernant la « mort cérébrale » de l’Alliance, il a utilisé une métaphore saisissante : celle de la grenouille spinale, privée de cerveau mais conservant des réflexes automatiques.
« J’ai dit il y a dix ans que l’OTAN était en état de mort cérébrale. Elle a été réveillée en 2022... Mais a-t-elle été réveillée façon grenouille spinale ? Aujourd’hui, je ne saurais le dire », a-t-il notamment indiqué.
Ces propos auraient été tenus la semaine dernière lors d’un dîner à l’Élysée avec des représentants de grandes entreprises technologiques françaises. Son contenu n'a été révélé que ce 18 février par L'Express.
En 2019, dans un entretien accordé à The Economist, Emmanuel Macron affirmait que l’Alliance avait perdu toute coordination stratégique interne, qualifiant alors sa situation de « mort cérébrale ». Il plaidait déjà pour la constitution de forces armées européennes autonomes, capables d’assurer la sécurité du continent indépendamment de l’OTAN.
À l’époque, ces propos avaient suscité de vives réactions. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel, avaient publiquement exprimé leur désaccord. Aux États-Unis, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le président Donald Trump avaient vivement critiqué la position française, ce dernier affirmant que la France avait plus que quiconque besoin de l’Alliance atlantique.
Emmanuel Macron est revenu sur cette analyse en juin 2020, à la suite d’un incident naval entre des frégates françaises et turques au large de la Libye. Selon lui, cet épisode avait mis en lumière l’absence de solidarité et de coordination au sein de l’OTAN, confirmant ainsi, à ses yeux, le diagnostic formulé un an plus tôt, tout en dénonçant l’attitude des autorités turques.