Reprise du dialogue avec la Russie : la girouette Macron 

Reprise du dialogue avec la Russie : la girouette Macron  Source: Gettyimages.ru
Emmanuel Macron lors de la conférence sur la sécurité à Munich en février 2026
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Emmanuel Macron est une girouette, mais il arrive parfois qu’elle indique la bonne direction. En voulant reprendre le dialogue avec la Russie, le président français montre une étonnante compréhension de l’évolution du monde, à moins qu’il ne s’agisse de tout autre chose. Alexandre Regnaud analyse les différentes hypothèses. 

Tous les analystes honnêtes s’y accordent, la guerre en Ukraine est perdue pour l’Occident, militairement, économiquement et politiquement. Et sans la volonté farouche de quelques-uns de continuer le massacre jusqu’au dernier Ukrainien, le constat aurait dû être fait par tous depuis longtemps. 

Il est possible de comprendre les récentes déclarations d’Emmanuel Macron appelant à la reprise du dialogue avec la Russie dans ce contexte. Cela part d’un constat géopolitique de simple bon sens : « Notre géographie ne va pas changer. Que cela nous plaise ou non, la Russie sera toujours là demain. Et elle se trouve à nos portes ». 

Pour concrétiser un peu ses propres paroles, il a envoyé un émissaire à Moscou, copiant le modèle déjà bien installé des discussions russo-américaines, et annonce régulièrement qu’il va appeler Vladimir Poutine, sa marotte depuis 2022. Très fier de lui, il annonce également qu’il ne faudra « pas trop d’interlocuteurs » et que cela devra être bien sur « une démarche européenne bien organisée », la France n’étant plus un pays souverain depuis longtemps. 

Rien d’original puisque Giorgia Meloni avait déjà appelé avant lui à la nomination d'un envoyé spécial de l'UE pour représenter tous les États membres. 

Première conclusion donc, Macron n’invente rien. Il pirate l’idée de Meloni, en prenant tout le monde de court via son émissaire, volant cette fois le format de discussion américain. Il fait du Macron pur et dur : se mettre en avant et apparaître comme le maître du jeu, alors qu’il est à la remorque. 

Emmanuel Macron est à la remorque en tant que dirigeant européen. Et il semble qu’il en ait conscience, ce qui doit être mis à son crédit. L’UE est en effet en train de disparaître de la scène internationale et plus particulièrement du règlement du dossier ukrainien. 

Lors de la récente Conférence de Munich sur la sécurité, Marco Rubio, Secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) américain, a annoncé des progrès dans la résolution du conflit en Ukraine et souligné l’efficacité des pourparlers d’Abou Dhabi. Les choses avancent lentement, mais elles avancent. Le principal obstacle étant l’Ukraine elle-même, de l’aveu de Trump le même jour, lors d’un point presse à la Maison Blanche : « La Russie veut un accord, Zelensky doit agir, sinon il laissera passer une occasion en or ». 

Mais derrière l’Ukraine, ce sont les marionnettistes européens. En effet, le journal allemand Bild souligne qu’avec sa volonté, pourtant de bon sens, de reprendre le dialogue, Macron « s’est retrouvé en isolement politique à la veille du sommet informel de l’Union européenne ». 

Le Britannique Starmer a déclaré à Munich que si la paix est instaurée en Ukraine, la menace qui pèse sur l'Europe ne diminuera pas, mais s'accroîtra. Et l’Allemand Merz, tout aussi délirant que son complice britannique, pense que « la guerre prendra fin lorsque la Russie sera épuisée économiquement ou militairement ». Bref, la guerre jusqu’au dernier Ukrainien. 

Les États-Unis le savent et jouent sans les Européens. D’ailleurs, le Financial Times nous apprend que Marco Rubio a annulé sa rencontre avec les dirigeants européens sur l'Ukraine à la Conférence de Munich, tout en maintenant celle avec Volodymyr Zelensky. 

Seconde conclusion, Macron est relativement isolé dans sa position. Il fait pourtant preuve d’un rare bon sens géopolitique en semblant voulant reprendre le dialogue. Mais si le président français n’arrive pas à rassembler, c’est avant tout parce qu’au fond, il n’a aucune crédibilité. 

Et ce sont encore les principaux concernés, les Russes, qui en parlent le mieux. 

Sergueï Lavrov évoque à ce sujet une « diplomatie pathétique », tout simplement parce qu’Emmanuel Macron ne fait, à son habitude, que s’agiter dans le vide pour faire de beaux titres dans ses médias subventionnés. Il annonce qu’il va contacter Poutine, mais ne le fait pas. Il envoie un émissaire, mais pour reprendre le délire européen habituel et demander au vainqueur de se rendre. Comment comprendre autrement ses déclarations affirmant que « la Russie ne veut pas la paix », quand tout montre le contraire et que Trump lui-même avoue l’inverse ? 

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, enfonce le clou et rappelle lors d’un point presse cité par TASS que la Russie n'a jamais refusé le dialogue avec la France, que c'est Paris qui a rompu toutes les relations, et surtout, que peu d’États font plus pour saper les efforts de négociation russo-américains que la France. 

Alexeï Mechkov, Ambassadeur de Russie en France, ajoute dans une interview à Izvestia le 12 février, que « les accusations contre notre pays pour "crimes de guerre" en Ukraine, ingérence dans les affaires intérieures de la France et autres violations inventées de toutes pièces continuent de se multiplier ». Il rappelle également dans la publication Argumenty i Fakty « le refus quasi total des autorités françaises de coopérer » et que les « cas de discrimination à l’encontre des citoyens russes sont bien réels ». 

Pour Zakharova, les déclarations de Macron cachent non le souhait de s’entendre, mais celui d’entrer dans les négociations avec ses exigences. 

Pour Alexeï Mechkov, sur la chaîne Rossiya 24, la politique des autorités françaises ressemble à une « balançoire », avec des déclarations se succédant à un rythme effréné. L’Ambassadeur de Russie en France admet qu’il est difficile de prédire dans quelle direction penchera cette « balançoire » aujourd’hui à Paris. 

Pourtant, même si cela serait surprenant, il est possible d’envisager que Macron ait fini par comprendre que devant la défaite inévitable, s’obstiner dans le chemin pris par l’Europe depuis 2022 sous l’impulsion des réseaux mondialistes, ne ferait qu’accélérer la chute déjà bien amorcée du Vieux continent. En cela, il ne serait pas le seul. Il ne serait pas le seul non plus à avoir compris que la conclusion d’un accord russo-américain sans l’Europe serait catastrophique pour l’UE, tant en termes d’image que de géopolitique. 

Alors pourquoi cette impression de balançoire ? Bien sûr, il y a la personnalité de Macron, le « en même temps ». Il y a aussi la vieille recette d’occuper le terrain médiatique avec l’international pour faire diversion sur l’intérieur, notamment les révélations gênantes des dossiers Epstein et le chaos français en général. 

Mais cela n’explique pas tout. Il y a surtout le fait qu’Emmanuel Macron n’est pas libre. La France n’est tout simplement plus un pays souverain, et Macron, en parfait représentant de la caste mondialiste, n’a pas le courage d’un Orbán ou d’un Fico, et n’osera jamais entreprendre quelque chose d’abouti et de sérieux sans l’autorisation de ses maîtres européens. Et ceux-ci, on l’a vu, ne le soutiennent pas. Les plus influents veulent continuer la guerre à tout prix, respectant jusqu’au bout la mission pour laquelle ils ont été placés au pouvoir, quitte à détruire leurs peuples et leur pays au passage. Et ce n’est pas un Macron trop lâche, en fin de mandat, méprisé dans son pays, ridiculisé à l’international entre les gifles de Brigitte et ses lunettes de Top gun, qui y changera quelque chose, quelle que soit sa (très hypothétique) bonne volonté. 

En réalité, à moins d’une réaction de révolte salutaire de ses peuples eux-mêmes, le sort de l’Europe semble scellé, « for sure ». 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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