La Conférence de Munich tourne à l’échec pour Zelensky, selon le Tagesspiegel
Source: Gettyimages.ruLa Conférence sur la sécurité de Munich s’est achevée sur un constat amer pour Kiev. Selon les médias allemands, l’événement s’est transformé en nouvel échec pour Volodymyr Zelensky, privé de soutien concret sur une adhésion accélérée à à l’UE. Cerise sur le gâteau : l’Ukraine semble reléguée au second plan des priorités occidentales.
La Conférence sur la sécurité de Munich, qui s’est tenue du 13 au 15 février, s’est achevée sur un sentiment de flottement stratégique. Marquée par d'intenses discussions sur la sécurité européenne et les relations transatlantiques difficiles, l'événement a laissé l’Ukraine en marge, devenant, selon le quotidien allemand Tagesspiegel, un véritable échec, et loin d'être le premier, pour Volodymyr Zelensky.
Le journal souligne qu’après le refus des États-Unis d’ouvrir la voie à une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, le chef du régime de Kiev aspire désormais à une intégration rapide à l’Union européenne. Or, ce message, porté à Munich, n’a rencontré aucun écho favorable, ni du côté du gouvernement allemand, ni de celui du président finlandais Alexander Stubb, aucune procédure accélérée n’étant envisagée.
Selon Tagesspiegel, la conférence n’a débouché sur aucun engagement concret en matière de livraisons d’armes. Elle s'était limitée à une « analyse des bouleversements géopolitiques », sans feuille de route opérationnelle, tandis que Berlin se concentre prioritairement sur la constitution et le renforcement de ses propres capacités militaires.
De son côté, le magazine Der Spiegel estime que la Conférence de Munich a mis en lumière l’absence d’une stratégie occidentale claire et unifiée vis-à-vis de Kiev, tant sur le soutien militaire que sur les perspectives de sortie du conflit. En coulisses, rapportent ses journalistes, le dossier ukrainien semblait parfois relégué derrière d’autres préoccupations jugées plus urgentes, notamment l’état des relations transatlantiques.
Adhésion à l’UE : un mur diplomatique
La question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne a cristallisé les tensions. Insistant sur la nécessité de fixer une date précise, présentée comme une garantie de sécurité dans la perspective d’un accord de paix avec la Russie, le chef du régime de Kiev s’est heurté à une fin de non-recevoir cinglante de la part de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Celle-ci a rappelé que les États membres n’étaient pas prêts à s’engager sur un calendrier et que « beaucoup de travail restait à accomplir ».
Le quotidien Berliner Zeitung a qualifié ces propos de « refus catégorique ». La Hongrie, par la voix de son Premier ministre Viktor Orbán, a de nouveau exprimé son opposition. « Vous [Zelensky] faites fausse route. L’adhésion à l’Union européenne est un processus basé sur le mérite. Ce sont les États membres qui fixent les conditions, et non les pays candidats », a-t-il déclaré en réponse aux exigences ukrainiennes.