France : des maires RN retirent le drapeau européen et provoquent une polémique nationale

France : des maires RN retirent le drapeau européen et provoquent une polémique nationale© Compte X @FranceSouvUnie
La mairie RN de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes. [Photo d’illustration]
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Plusieurs maires du Rassemblement national, fraîchement élus, ont décroché le drapeau européen de leur hôtel de ville. Un acte symbolique assumé comme une priorité donnée au drapeau tricolore, salué par certains élus comme une protestation légitime contre l’emprise de Bruxelles, mais qui suscite une vive polémique au sein du camp gouvernemental.

Plusieurs communes où le Rassemblement national l’a emporté ont enlevé le drapeau de l’Union européenne de leur fronton. Entre affirmation d’une souveraineté nationale par leurs édiles et hostilité à l’Europe selon leurs détracteurs, le symbole n’a pas manqué de provoquer des polémiques, essentiellement avec les troupes macronistes.

Après la bataille municipale, la guerre des symboles

Le 29 mars, Christophe Barthès, nouveau maire RN de Carcassonne, s’est filmé en train de retirer lui-même le drapeau bleu étoilé. Sur X, il a écrit : « Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français. »

Le lendemain, Bryan Masson, maire de Cagnes-sur-Mer, publiait la photo de sa façade désormais dépourvue du drapeau européen. À Harnes, Anthony Garénaux-Glinkowski avait déjà fait de même le 24 mars, en retirant également le drapeau ukrainien.

De son côté, Carla Muti, jeune maire de Canohès, a posté une vidéo courte accompagnée d’un simple « bye-bye » en décrochant le symbole de l’UE de l’hôtel de ville et des écoles.

Les élus arguent qu’aucun texte n’oblige les mairies à arborer le drapeau européen, hormis le 9 mai. Lors des manifestations agricoles de janvier, un maire communiste avait également retiré la bannière européenne de sa mairie.

C’est d’ailleurs la ligne de défense de Marine Le Pen, qui a rappelé devant les caméras de la presse à l’Assemblée nationale que les Français avaient rejeté les symboles de l’Union européenne lors du référendum de 2005.

Marion Maréchal elle-même a défendu sur X une « protestation symbolique (et légitime) contre l’étouffement bureaucratique, progressiste et, bien souvent, anti-national de Bruxelles », tout en nuançant sa critique, faisant valoir que ce drapeau pouvait avoir une dimension civilisationnelle et rappelant qu’il fut créé par le Français Arsène Heitz et s’inspirait de la médaille miraculeuse et des douze étoiles de la couronne de la Vierge Marie.

Le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a dénoncé un « populisme », tandis que Valérie Hayer y voit un « Frexit qui ne dit pas son nom ».

Les critiques sont essentiellement venues du centre macroniste, certains élus faisant valoir l’argent versé par l’Union européenne à la France tous les ans, omettant cependant de rappeler que, si la France reçoit des financements européens, elle est un contributeur net et verse donc plus qu’elle ne reçoit.

Si le RN ne prône plus une sortie de l’Union européenne comme les Patriotes de Florian Philippot ou l’UPR de François Asselineau, la dextérité de ses élus à écarter le drapeau de l’UE lors de leur accession au pouvoir dans les mairies témoigne néanmoins d’un sentiment de rejet de « l’Europe de Bruxelles ».

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