France : en raison de l’insécurité, la poste annonce suspendre ses tournées dans des quartiers de Vénissieux
© Durand T/Alpaca/Andia/Universal Images Group Source: Gettyimages.ruEn France, dans certaines banlieues, la loi de la rue s’impose. À Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, la poste a suspendu la distribution du courrier et des colis dans un quartier où plusieurs fusillades ont récemment éclaté. Une escalade de violence sur fond de trafic de stupéfiants.
Le passage des facteurs suspendu jusqu’à nouvel ordre, dans des quartiers de Vénissieux, en banlieue de la capitale des Gaules. C’est notamment le cas du quartier Joliot-Curie, où quatre fusillades ont eu lieu ces deux dernières semaines, dont une en plein jour.
« Suite aux récents évènements dans certains quartiers de la ville de Vénissieux avec des incidents pouvant mettre en danger les facteurs les desservant, la direction de la Poste du Rhône a pris la décision de suspendre la distribution du courrier et des colis dans les rues concernées, où ils ne peuvent plus exercer leur mission dans des conditions normales », ont indiqué les services postaux dans un message relayé les 17 et 18 avril, par plusieurs médias nationaux.
Une situation qui perdure depuis le 3 avril, avait rapporté LyonMag, évoquant sur le plan sécuritaire un «constat sans appel». « Les façades portent encore les stigmates des violences : impacts de balles visibles sur les murs et les vitres, voitures endommagées, et tags mentionnant les prix de stupéfiants », peut-on lire dans l’article du mensuel lyonnais. Ce dernier évoque, à l’origine de ce pic de violences, « une véritable guerre de territoire » liée au trafic de stupéfiants.
Des éléments constatés par France 2, qui renvoie à des situations similaires où « des trafiquants font fuir les services publics ». La chaîne publique a notamment rappelé le déménagement contraint, au printemps 2025, d’une école maternelle à Saint-Ouen « dont la vie est pourrie par les dealers », ou encore la récente délocalisation par Orange de ses sites marseillais après plusieurs fusillades.
« Aujourd'hui, on voit bien que dans ces quartiers, il n'y a plus de médecins, plus d'infirmières qui montent, et celles qui montent font attention. On va se retrouver complètement isolés », a déploré un habitant du quartier Joliot-Curie au micro de RTL, s’attardant sur la crainte de ne plus avoir accès aux services de proximité. Une situation qui n’est pas près de s’améliorer, un homme ayant été blessé par plusieurs tirs dans la nuit du 17 au 18 avril.