Violences en marge du sacre du PSG : un policier écroué, le bilan humain s’alourdit
© Jerome Gilles Source: Gettyimages.ruUn policier hors service a été condamné le 2 juin à 14 mois de prison ferme et incarcéré pour avoir braqué son arme sur des automobilistes célébrant la victoire du PSG. Parallèlement, le bilan humain des festivités s’est alourdi avec trois morts confirmés.
Une soirée de liesse a viré au cauchemar à Paris après le sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Alors que les célébrations tournaient déjà à l’affrontement le 2 juin au soir, un nouveau cas de violences impliquant un membre des forces de l’ordre a choqué l’opinion, au moment où le parquet alourdissait le bilan des drames.
Les faits se sont déroulés peu avant 22 heures, sur le quai des Grands-Augustins dans le 6e arrondissement. Deux amis, drapeaux du PSG en main, étaient arrêtés à un feu rouge quand un policier de 24 ans, hors service et fortement alcoolisé, s’est mis en travers de leur route. Ce dernier a sorti son arme sans se désigner en tant que policier, sans brassard, et il a braqué un homme au volant en l’insultant de « fils de pute » et en ajoutant : « Bouge pas ou je te shoote », selon les témoignages des victimes rapportés par BFM TV. L’homme, accompagné d’un individu cagoulé, aurait également tenu des propos racistes selon les plaignants.
Le député LFI Thomas Portes, habituellement très critique envers la police, a relaté les faits sur X, prenant soin de préciser le patronyme breton de l’agent mis en cause.
« Fils de pute »
— Thomas Portes (@Portes_Thomas) June 3, 2026
« bouge pas où je te shoote »
« Rentrez chez vous vous n’êtes pas dans votre pays »
Erwan M, policier en civil.
Le soir de la victoire du PSG il s’amuse à braquer un automobiliste avec une arme. https://t.co/U0rjQFUUGs
Interpellés rapidement par des gendarmes présents sur place, les deux hommes ont été jugés en comparution immédiate. « J’étais ivre, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça », a déclaré le policier à l’audience, affirmant ne rien se souvenir. Le tribunal l’a condamné à deux ans de prison, dont dix mois avec sursis, soit 14 mois ferme, avec incarcération immédiate, obligation de soins et interdiction de porter une arme pendant cinq ans. L’IGPN poursuit ses investigations, une radiation définitive étant possible.
La porte-parole du Rassemblement national, Laure Lavalette, a de son côté déploré : « Violences du samedi 30 mai : à ce jour, une seule condamnation ferme avec mandat de dépôt contre… un policier. »
Violences du samedi 30 mai : à ce jour, une seule condamnation ferme avec mandat de dépôt contre… un policier. pic.twitter.com/JW4Ex381n5
— Laure Lavalette (@LaureLavalette) June 3, 2026
Parallèlement, le parquet de Paris a confirmé un bilan alourdi : trois morts. Un motard né en 2002 est décédé après avoir percuté des blocs de béton sur le périphérique, porte Maillot. Deux autres hommes ont perdu la vie dans la Seine, l’un après s’y être volontairement jeté, l’autre ayant été retrouvé sans vie le lendemain matin.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a néanmoins défendu son bilan sécuritaire et a fait état de plus de 890 interpellations, en hausse de 45 % par rapport à 2025, avec 112 présentations à la justice.
"Nous avions un dispositif extrêmement solide", répond Laurent Nuñez sur les débordements après la victoire du PSG pic.twitter.com/tDJcFq1UtQ
— BFM (@BFMTV) June 2, 2026
Près de 200 blessés ont été recensés, dont de nombreux agents des forces de l’ordre. Les débats sur la gestion des célébrations et la réponse judiciaire se poursuivent, dans une capitale encore marquée par cette nuit chaotique.