Coup de tonnerre chez LR : Wauquiez lâche déjà Retailleau et tend la main à Édouard Philippe
© Antoine Gyori - Corbis/Corbis Source: Gettyimages.ruDans un entretien exclusif au Figaro, Laurent Wauquiez, patron des députés Droite républicaine, prend ses distances avec Bruno Retailleau et loue les qualités d’Édouard Philippe pour 2027. Un repositionnement qui secoue Les Républicains.
Laurent Wauquiez ne cache plus ses intentions. Après avoir fait le deuil de sa propre candidature présidentielle, le président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale se pose en « guerrier du rassemblement » et écarte l’idée de soutenir coûte que coûte le candidat officiel de LR.
Dans un long entretien accordé au Figaro le 1er juillet, Laurent Wauquiez dresse un constat qu’il veut lucide : « Seul, LR ne gagnera pas ». Il pose les bases d’un grand rassemblement de la droite et du centre, invitant à « mettre les gens autour de la table » et à transcender les « vieux clivages ». L’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes ne ménage pas Bruno Retailleau, déjà en campagne, et investi par les adhérents LR. « La réalité, c’est que le candidat LR est en dessous de 10 %. Le risque est [...] d’éliminer un candidat de droite et [de permettre] la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour. Jamais de la vie je ne participerai à cela », avertit-il.
Il juge nécessaire de « savoir se retirer si c’est nécessaire » dès l’automne, critiquant une « logique ultra-puriste » chez son rival. Une critique qui ne manque pas d’agacer ses détracteurs qui ont rappelé que lui-même avait affirmé en mai 2025 : « Avec moi, il n’y aura jamais d’alliance avec Édouard Philippe ».
Avec moi, il n’y aura jamais d’alliance avec Édouard Philippe. pic.twitter.com/XufUX2uKoA
— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) May 7, 2025
Bruno Retailleau, qui a participé à un gouvernement sous la présidence d’Emmanuel Macron, lui a répondu indirectement au micro de CNews quelques heures après la publication de l’entretien en affirmant : « Les Français ne veulent ni d'une troisième saison du macronisme, ni d'un face-à-face entre les extrêmes qui conduirait notre pays dans l'impasse ».
Les Français ne veulent ni d'une troisième saison du macronisme, ni d'un face-à-face entre les extrêmes qui conduirait notre pays dans l'impasse.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) July 1, 2026
Ils veulent une alternance crédible, avec le courage de réformer mais aussi le sens de l'État. Une alternance qui remette enfin la… pic.twitter.com/9vV5jLTEdn
Laurent Wauquiez semble ainsi prêt à la rupture avec le parti qu’il a dirigé. Il tresse désormais des lauriers à l’ancien Premier ministre : « Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France ». Il précise toutefois qu’il ne participera pas au meeting de Philippe ce dimanche pour préserver son rôle de fédérateur.
Avant cet entretien, le député LR avait déjà envoyé des signaux, soulignant notamment que l’extrême gauche avait « fait le choix du rassemblement » en référence au ralliement du NPA à Jean-Luc Mélenchon, et cela juste avant les annonces de Sandrine Rousseau.
Pendant que l’extrême gauche fait le choix du rassemblement pour 2027, combien de temps la droite va-t-elle continuer à se laisser miner par les divisions ? Il y a urgence à se rassembler, sinon c’est l’extrême gauche au second tour de la présidentielle. https://t.co/gxUEmCBBXn
— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) June 29, 2026
Ce repositionnement de Laurent Wauquiez indique qu’il ne sera pas candidat en 2027 et qu’il entend peser sur le choix du futur candidat et du programme, quitte à rompre avec son parti politique probablement dans la perspective d’une entrée au gouvernement. Pour Édouard Philippe, ce nouveau soutien ancre un peu plus sa candidature face à son concurrent Gabriel Attal.