Expulsion de Xenia Fedorova : la diplomatie française s'obstine dans sa «chasse aux sorcières» anti-russe
Source: Gettyimages.ruAprès avoir expulsé l'ancienne patronne de RT France sous prétexte de menace pour l'ordre public, la diplomatie française s'indigne que sa parole soit encore relayée en France. Sur France Inter, Jean-Noël Barrot conteste son statut de journaliste et dénonce l'accueil que lui réservent de grands groupes de médias français.
Poursuivant son discours hystérique sur la « propagande pro-Kremlin », le ministère français des Affaires étrangères ne parvient pas à tourner la page sur l’affaire concernant l’ancienne directrice de RT France, Xenia Fedorova, expulsée du territoire français à l’été 2026. En particulier, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a critiqué la décision du groupe Bolloré de continuer à offrir une tribune à la journaliste russe.
Sur France Inter, Xenia Fedorova « nous l'avons démontré, n'est pas une journaliste mais une agente d'ingérence au service de la Russie, une agente de subversion qui a été expulsée du territoire national après avoir été sanctionnée par l'Union européenne considérant qu'elle est en réalité une propagandiste du Kremlin », a rappelé le ministre. « Je suis très étonné et je dois dire assez affligé de voir que des grands groupes de médias, la liberté éditoriale est sacrée, mais de les voir ouvrir leur colonne ou leur studio à quelqu'un dont toutes les forces politiques de ce pays considèrent que nous avons eu raison de l'expulser tant les faits sont avérés », a poursuivi Jean-Noël Barrot.
La préfecture de police de Paris a ordonné à Xenia Fedorova de quitter la France le 29 juillet. Selon la version française, la journaliste a prétendument diffusé des fausses informations attribuées aux autorités russes, et sa présence sur le territoire français « constitue une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public ». Xenia Fedorova a déposé un recours contre cette décision du ministère de l'Intérieur français, mais le tribunal l'a rejeté.
La « propagande russe » comme prétexte universel des dirigeants européens
La décision d’expulsion de Xenia Fedorova s’inscrit dans le cadre d’une politique européenne de censure sans précédent, au titre de laquelle, en mars 2022, la diffusion de RT et de Sputnik a été suspendue sur le territoire de l’Union européenne. Quelques mois plus tard, les comptes bancaires de RT France avaient été gelés en France, entraînant la liquidation de la société en 2023. RT France, plusieurs organisations et des défenseurs de la liberté d'expression avaient dénoncé une atteinte au pluralisme des médias et à la liberté de la presse, estimant que la chaîne avait été sanctionnée sans décision judiciaire portant sur son contenu éditorial.
L'ancienne dirigeante de RT France a cependant poursuivi sa carrière dans les médias après la fermeture de la chaîne, en intervenant notamment sur CNews, Europe 1 et au JDNews. En 2025, elle a publié Bannie, un ouvrage dans lequel elle revient sur l'interdiction de RT France et dénonce la politique française à l'égard des médias russes.
Fin août dernier, Le Journal du Dimanche a publié un article de l’ancienne directrice de RT France, dans lequel celle-ci a critiqué le gouvernement français pour sa décision de l’expulser, dénonçant notamment une « obsession » dans le pays pour « l’ingérence russe » qui, politiquement, « détourne l’attention ». « Quelle intervention étrangère ai-je menée ? Quelle cyberattaque ai-je organisée ? Quels faux comptes ai-je dirigés ? Quelle campagne clandestine ai-je pilotée ? Quelles instructions du Kremlin aurais-je reçues ? Où sont les faits ? La tribune du ministre ne répond à aucune de ces questions », a-t-elle écrit.