Accord UE–Mercosur : Bruxelles se dit «sur la bonne route» pour une signature
© Jonathan Raa/NurPhoto Source: Gettyimages.ruSans confirmer la date du 12 janvier, une porte-parole de la Commission européenne a déclaré, ce 5 janvier, que le bloc était «sur la bonne route» pour signer «bientôt» le controversé traité de libre-échange avec le Mercosur, évoquant des «progrès» dans les discussions entre États membres.
Ursula von der Leyen va-t-elle bel et bien signer, le 12 janvier au Paraguay, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur ? Une confirmation qu’aurait « refusée » de donner une porte-parole de la Commission européenne, ont rapporté ce 5 janvier plusieurs agences de presse francophones, alors que la colère des agriculteurs à l’encontre de ce traité ne diminue pas.
Selon les mêmes sources, la Commission européenne aurait mentionné des « progrès » dans les discussions entre les États membres sur cet accord commercial et espèrerait le signer « bientôt ». L’UE serait sur la « bonne route » pour le signer prochainement, a également assuré cette porte-parole, toujours d’après des propos rapportés par des agences de presse.
Dans un entretien à La Tribune Dimanche, publié le 3 janvier, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, avait dépeint ce traité avec les États latino-américains (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay) comme « ni juste ni équitable ». Entretien dans lequel elle évoquait d’autres points d’achoppement avec la Commission von der Leyen et appelait les syndicats agricoles français à la « désescalade ».
Une colère qui ne faiblit pas
Si la colère des professionnels du monde agricole, notamment français, gronde depuis plus de deux ans, face notamment à ce qu’ils dénoncent comme une concurrence internationale déloyale — en particulier venue d’Ukraine —, des propos d’Emmanuel Macron sur le Mercosur sont venus jeter de l’huile sur le feu. Début novembre, depuis le Brésil, le président français s’était déclaré « plutôt positif » quant à l’adoption du fameux traité après l’obtention de « clauses de sauvegarde ».
« En choisissant ce moment et ce lieu pour tendre la main au Mercosur, le Président de la République signe sa rupture avec l’agriculture française », avait fustigé dans la foulée Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, premier syndicat agricole français, dénonçant « un reniement total » du locataire de l’Élysée. « Nous ne laisserons pas brader notre modèle, nos emplois ni notre souveraineté », avait-il averti. Depuis, des blocages et opérations coup de poing ont été menés à travers la France par des agriculteurs en colère.
Un mal-être qu’est venue renforcer la gestion par les autorités françaises d’une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, ainsi que la perspective de coupes dans les fonds redirigés depuis Bruxelles vers l’agriculture française dans le cadre de la Politique agricole commune pour la période 2028-2034, ou encore l’entrée en vigueur de la « taxe carbone européenne ».