Le CIO exclut un skeletoniste ukrainien des JO d’hiver 2026 pour un casque à message politique

Le CIO exclut un skeletoniste ukrainien des JO d’hiver 2026 pour un casque à message politique Source: Gettyimages.ru
Vue du casque porté par Vladislav Heraskévitch au centre de glisse de Cortina, le 10 février 2026 à Cortina d'Ampezzo, en Italie.
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L'Ukrainien Vladislav Heraskévitch ne prendra pas le départ aux Jeux olympiques d’hiver 2026. Le Comité international olympique lui a retiré son accréditation après qu’il a insisté pour utiliser un casque comportant un message à caractère politique, en dépit des règles claires imposées par la Charte olympique en matière de neutralité du sport.

Le Comité international olympique (CIO) a retiré l’accréditation de Vladislav Heraskévitch, skeletoniste ukrainien de 27 ans, pour avoir utilisé un casque décoré de portraits de sportifs décédés lors du conflit en Ukraine. Cette décision, annoncée le 12 février, s’appuie sur une violation des règles de la Charte olympique.

Le CIO rappelle que la règle 50 interdit strictement toute expression politique, religieuse ou raciale sur les sites olympiques. Or, malgré plusieurs mises en garde, l’athlète a maintenu son intention d’utiliser ce casque, y compris lors des entraînements officiels. Une alternative lui avait pourtant été proposée : porter une bande noire en signe de deuil.

Mark Adams, porte-parole du CIO, a justifié la décision en évoquant la nécessité de préserver la neutralité du sport : « 130 conflits ont lieu actuellement dans le monde, nous ne pouvons pas permettre qu’ils s’invitent dans les compétitions », a-t-il expliqué.

Une sanction après un refus de compromis

Avant d’en arriver à l’exclusion, le CIO avait multiplié les discussions avec le sportif, jusqu’à une dernière rencontre avec Kirsty Coventry, présidente de la commission des athlètes. Mais Heraskévitch est resté inflexible. Il a été disqualifié, privé d’accès aux installations et invité à quitter le village olympique.

Peu avant cette décision, le skeletoniste avait demandé publiquement que le CIO présente des excuses, lève l’interdiction sur le casque, et a même exigé la livraison de générateurs électriques à l’Ukraine « en solidarité avec le sport ukrainien ». Sur Instagram, l’athlète a exprimé sa déception, affirmant que cette sanction lui « brisait le cœur ».

Le casque en question, lié au contexte du conflit en Ukraine, a été jugé incompatible avec les principes du CIO. Le cas Heraskévitch, malgré sa médiatisation, n’a pas bénéficié de traitement particulier. Le rappel à l’ordre n’aura donc pas suffi à éviter une exclusion.

Une application cohérente du règlement

Cette exclusion n’est pas un cas isolé. D’autres athlètes ukrainiens ont également reçu des avertissements pour des messages similaires. Des slogans comme « Soyez brave comme les Ukrainiens » ont aussi été interdits par le CIO. L’organisation applique ces règles à l’ensemble des délégations, indépendamment des nationalités.

Des précédents existent. Des casques d’athlètes britanniques ou d’autres nationalités ont déjà été refusés pour des raisons politiques, techniques ou publicitaires. Le CIO veille à maintenir un cadre uniforme, loin de toute politisation.

L’ancienne championne olympique et députée russe Svetlana Jourova a qualifié cette décision d’« évidente ». « Même un symbole émotionnel ou spontané doit être validé à l’avance », a-t-elle déclaré, soulignant que ces règles valent pour tous.

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