«Nous sommes au bord d’une crise existentielle» alerte Bart De Wever au sujet de l’industrie européenne

«Nous sommes au bord d’une crise existentielle» alerte Bart De Wever au sujet de l’industrie européenne Source: AP
Le Premier ministre belge Bart De Wever s'entretient avec les médias alors qu'il arrive au sommet de l'UE au château d'Alden Biesen, en Belgique, le 12 février 2026.
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L’avenir industriel de l'UE inquiète de plus en plus ses dirigeants. Entre explosion des coûts énergétiques, perte de compétitivité et départ des investissements, le Premier ministre belge estime que l'Union traverse une phase critique. À ses yeux, sans changement, les pays européens risquent de voir disparaître une partie de leur socle économique.

Bart De Wever a profité de deux événements européens majeurs pour lancer un signal d’alarme. Le premier s’est tenu le 11 février à Anvers, lors du Sommet européen de l’industrie. Le second, le 12 février, lors du sommet informel des chefs d’État et de gouvernement de l’UE à Alden Biesen.

Le message du Premier ministre belge est direct : l’Europe perd ses fondations industrielles. « Le coût de l’énergie rend l’UE totalement non compétitive », a-t-il déclaré. Selon lui, la situation est « dramatique » dans des pays comme la Belgique, l’Allemagne ou la France. La sidérurgie, la pétrochimie et la métallurgie sont « au bord de l’effondrement ».

Les données du CEFIC (Conseil européen de l'industrie chimique) confirment : entre 2022 et 2025, l’Europe a perdu 9 % de sa capacité chimique, et les fermetures continuent. De Wever souligne que la fin des importations russes bon marché, remplacées par des alternatives plus chères, a fragilisé la compétitivité du continent et renforcé sa dépendance énergétique.

Un effondrement industriel nourri par des choix politiques

Pour De Wever, cette crise industrielle est le résultat direct de décisions politiques inadaptées. Il cite en priorité la surcharge réglementaire, qui freine innovation et croissance. « Aujourd’hui, dans l’Union européenne, deux fois plus de personnes travaillent à appliquer et contrôler les règles qu’à innover. Il faut une thérapie de choc », a-t-il déclaré sur Radio 1.

La complexité administrative étouffe les entreprises, tandis que les investissements quittent l’Europe. À Anvers, Markus Kamieth, PDG de BASF, géant allemand de la chimie, a confirmé que le continent vit une « dégringolade structurelle ».

« Les fermetures s’enchaînent, les investissements disparaissent. Si nous perdons nos industries stratégiques, nous ne produirons plus rien, y compris pour notre défense », ajoute De Wever. Il appelle à recentrer l’action européenne sur trois priorités : innovation, productivité et compétitivité.

Une dépendance croissante qui affaiblit l’Europe

De Wever n’est pas le seul à alerter. Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a rappelé que son pays a perdu 10 % de ses capacités industrielles en deux ans. Il dénonce une politique énergétique et climatique qui pousse les entreprises à fermer ou à délocaliser.

L’Union européenne prévoit l’arrêt total des importations de gaz russe d’ici 2027. Ces ressources sont pourtant toujours achetées via des intermédiaires, à un coût plus élevé. Ce choix stratégique affaiblit l’Europe sur le long terme, en la rendant plus dépendante d’acteurs comme les États-Unis.

« On ne peut pas se transformer en musée. Il ne faut pas se transformer en losers », a insisté Bart De Wever. 

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