De l’asile au casque antibruit : le visage de l’accueil britannique réservé aux réfugiés ukrainiens
Source: Gettyimages.ruAu Royaume-Uni, une famille ukrainienne s’est vu refuser l’asile alors que leur fille souffrait de crises de panique liées aux bombardements. Dans une lettre citée par Sky News, les autorités estiment qu’un retour est possible et évoquent le port de casques antibruit pour couvrir le bruit des explosions.
On l’a dit à une adolescente ukrainienne de manière presque administrative : pour supporter les bombes, il suffirait de porter un casque antibruit. Cette réponse, rapportée par Sky News, figure dans une lettre officielle adressée à sa famille par le Home Office britannique, après le rejet de leur demande d’asile, un épisode révélateur du ton désormais employé par les autorités britanniques à l’égard de certains réfugiés ukrainiens.
Comme près de 310 000 Ukrainiens, cette famille avait trouvé refuge au Royaume-Uni grâce aux dispositifs spéciaux mis en place après février 2022. Le programme Homes for Ukraine, prolongé à deux reprises, leur permet de rester légalement jusqu’en septembre 2028. Mais ces visas ne donnent accès à aucun droit à l’installation durable, conformément à l’accord passé avec les autorités ukrainiennes, qui souhaitent le retour de leurs ressortissants une fois le conflit terminé.
Confrontées à cette impasse, de nombreuses familles déposent aujourd’hui des demandes de visa alternatives, dans l’espoir d’obtenir un statut plus stable. Plusieurs se heurtent toutefois à des refus. Dans ces décisions, le Home Office affirme que les demandeurs peuvent se réinstaller dans des « zones sûres » de l’ouest de l’Ukraine ou à Kiev.
La fille, aujourd’hui adolescente, souffrait de crises de panique depuis leur fuite de Kiev, au tout début du conflit. Pourtant, dans une lettre consultée par Sky News, les autorités expliquent que son état n’est pas jugé suffisamment grave, puisqu’elle serait renvoyée dans une zone où, selon elles, il n’y a pas de combats directs.
La solution proposée est saisissante : envisager l’usage de casques antibruit et l’insonorisation des pièces pour atténuer ses symptômes. Une recommandation qui, loin de rassurer, a eu l’effet inverse. Selon sa famille, le simple fait de comprendre qu’on lui demande de retourner en Ukraine avec un casque pour se protéger du bruit des explosions a ravivé ses crises de panique, laissant apparaître un fossé grandissant entre le discours d’accueil affiché par le Royaume-Uni et la réalité des décisions prises actuellement.