Les États-Unis bombardent massivement l'Iran, Téhéran riposte par des frappes contre les bases américaines dans la région
© RSLes tensions entre les États-Unis et l’Iran connaissent un nouveau regain après des frappes américaines contre des cibles iraniennes et des représailles annoncées par Téhéran contre des bases américaines dans le Golfe. Téhéran accuse Washington de violer l’accord de cessez-le-feu conclu le 17 juin.
Les États-Unis a repris l'escalade militaire contre l'Iran. Washington annonce avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, notamment des sites de surveillance et des systèmes de défense antiaérienne situés sur la côte sud du pays. Selon les médias d'Etat de la République islamique iranienne, un gardien de la révolution a été tué dans les raids américains.
Ces opérations ont été présentées par le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) comme une réponse à des attaques iraniennes contre des navires commerciaux circulant dans cette zone stratégique.
Téhéran a immédiatement condamné les frappes américaines, dénonçant une « violation flagrante » de la Charte des Nations unies et du protocole d’accord ayant mis fin aux combats. Dans un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères, Washington est accusé d’avoir enfreint le premier paragraphe du mémorandum, qui impose l’arrêt de toutes les opérations militaires. L’Iran affirme également que les États-Unis ont annulé l’autorisation de vente de pétrole iranien, pourtant prévue dans le cadre de l’accord au titre du paragraphe 10.
Washington rétablit des sanctions
Les autorités iraniennes considèrent désormais que le protocole est compromis, notamment en raison de la poursuite des opérations israéliennes au Liban, qu’elles jugent incompatibles avec les engagements de désescalade. Téhéran tient Washington pour « entièrement responsable » des conséquences de cette nouvelle montée des tensions et avertit les pays de la région : tout État facilitant des opérations militaires américaines en mettant à disposition son territoire ou son espace aérien pourra être considéré comme complice.
Quelques heures après les frappes américaines, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir lancé une riposte contre 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, à l’aide de missiles et de drones. L’Iran affirme avoir également abattu un drone américain MQ-9. Les autorités koweïtiennes et bahreïnies ont confirmé des alertes aériennes liées à des attaques, sans attribuer officiellement leur origine.
La confrontation se concentre autour du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Toute perturbation prolongée de cette voie maritime pourrait provoquer de fortes tensions sur les marchés énergétiques. Après une période de réouverture consécutive au cessez-le-feu, plusieurs incidents ont relancé les inquiétudes sur la sécurité de la navigation internationale.
En parallèle, Washington a rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien, interdisant de nouvelles transactions liées aux hydrocarbures. Cette décision a contribué à alimenter les tensions sur les marchés : le cours du brut américain WTI a progressé de plus de 2 % dans les échanges asiatiques, reflet des inquiétudes liées aux risques géopolitiques.
L’Iran affirme que ses forces armées continueront de défendre sa souveraineté et se réserve le droit de répondre « de manière décisive » à toute agression, en invoquant l’article 51 de la Charte des Nations unies relatif au droit de légitime défense. Cette nouvelle phase de confrontation intervient alors que le pays a organisé des funérailles nationales après la mort de son guide suprême Ali Khamenei, tué au début de la guerre par des frappes israélo-américaines. L’avenir du cessez-le-feu demeure désormais fortement incertain.