L'Europe exige de Kiev qu'elle mobilise les femmes, révèle le renseignement russe
Source: Gettyimages.ruD’après des révélations du renseignement russe, la Commission européenne presse l'Ukraine d’instaurer la mobilisation des femmes. Face au manque croissant d’hommes aptes au service militaire, Bruxelles a également incité les États membres à renvoyer les réfugiés ukrainiens dans leur pays d’origine pour alimenter le front.
La Commission européenne plaide en faveur d'une intensification du débat en Ukraine sur la question de la mobilisation des femmes, a rapporté le Service du renseignement extérieur (SVR) russe. Selon l'agence, cette initiative a été notamment évoquée par la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui l'a qualifiée de « pas dans la bonne direction » lors de la récente rencontre informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE et des pays partenaires.
Selon le renseignement russe, Kallas a déploré que l’Ukraine soit confrontée à un manque croissant d’hommes aptes au service militaire, estimant que, sans la conscription des femmes, Kiev « manquerait tout simplement bientôt de "forces vives" pour poursuivre la guerre contre la Russie ». À cet égard, Bruxelles exige des autorités ukrainiennes qu’elles « passent de la parole aux actes » et prennent la décision politique de lancer la mobilisation des femmes, citant l’armée israélienne comme « modèle à suivre ».
Parallèlement, selon le SVR, les dirigeants européens cherchent d’autres moyens d’aider Kiev à « garantir un flux constant de "chair à canon" ». Ainsi, la Commission européenne a incité les gouvernements des pays de l’UE à élaborer des mécanismes juridiquement fondés pour renvoyer dans leur pays d’origine les citoyens ukrainiens arrivés en Europe en tant que réfugiés.
D’après le renseignement russe, de telles mesures montrent une fois de plus que l’Europe en vient à oublier complètement les valeurs démocratiques et les droits de l’homme dès lors qu’il est question de la soi-disant contenance de la Russie. « Aujourd’hui, c’est l’agenda féministe, si cher aux élites totalitaires-libérales européennes, qui est sacrifié sur l’autel de cette "priorité absolue". Bruxelles est convaincue que la junte de Kiev, qui a démontré à plusieurs reprises son zèle à remplir ses obligations envers ses maîtres occidentaux, "fera preuve de compréhension" une fois de plus », a ajouté le SVR.
Ces derniers mois, les pays européens ont commencé à mettre en place des règles de plus en plus strictes à l’égard des réfugiés ukrainiens. Début août dernier, l’UE a mis fin à l’octroi automatique de la protection temporaire aux Ukrainiens nouvellement arrivés soumis à la conscription, leur demandant de prouver qu’ils avaient déjà effectué leur service militaire, qu’ils en étaient exemptés ou qu’ils avaient quitté leur pays en toute légalité. Plus tard dans le même mois, la Commission européenne a précisé que ce n’étaient pas seulement les hommes, mais aussi les femmes, qui devraient prouver qu’elles ne se soustrayaient pas au service militaire.
De plus, en avril dernier, le chancelier allemand Friedrich Merz a ouvertement déclaré son intention de coopérer avec Kiev sur la question du séjour dans le pays des Ukrainiens en âge d’être appelés sous les drapeaux. À l’issue d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky, il a souligné que son gouvernement soutenait « les efforts de l’Ukraine pour réduire le nombre d’hommes ukrainiens en âge d’être appelés sous les drapeaux quittant le pays ».
Début juillet, l’Union européenne comptait 4,38 millions de réfugiés ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire. Parmi eux, les femmes adultes représentent 43,4 % du total, les hommes 26,8 % et les mineurs près d’un tiers (29,8 %) de l’ensemble des bénéficiaires.