Accord avec le Mercosur : l’UE s’en fiche (encore une fois) de ses peuples

Accord avec le Mercosur : l’UE s’en fiche (encore une fois) de ses peuples
[photo d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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L’accord UE-Mercosur va être signé incessamment sous peu, avec la bénédiction d’Ursula von der Leyen. Et ce, en bafouant les propres règles de cette institution et malgré les protestations des agriculteurs européens. Pour Jimmy Lisnard-Panetier, cet entêtement illustre une nouvelle fois la dictature bureaucratique d’une UE coupée de ses peuples.

C’est une histoire qui dure depuis plus de vingt-cinq ans maintenant. Le Mercosur, ou Marché commun du Sud, a été créé en 1991 par le traité d’Asunción, signé par l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay, et avait pour objectif d’harmoniser les échanges internes entre ces différents pays, mais également le commerce extérieur.

Le dialogue avec l’UE a débuté à la fin des années 1990, débouchant sur un accord interrégional de coopération en 1999, puis sur un projet plus ambitieux, incluant une composante de libre-échange, un an plus tard.

Après des périodes plus ou moins longues de pause, les négociations ont pris un tournant décisif lors du sommet du G20 de 2019 à Osaka, où les deux blocs ont annoncé un accord politique de principe. Après être passé par différentes étapes au sein de la bureaucratie bruxelloise, l’accord définitif a été finalement validé par la Commission européenne en septembre 2025 en vue de sa signature.

Mais cet accord est loin de faire l’unanimité…

Le cri de nos campagnes

Dès l’annonce faite en 2019, des voix ont commencé à se faire entendre pour protester contre cet accord. Des agriculteurs de nombreux pays, dont l’Irlande, ont manifesté devant leurs parlements nationaux respectifs, notamment pour dénoncer ce qu’ils qualifiaient, déjà à l’époque, de concurrence déloyale.

En 2024, alors que les conditions de l’accord se précisent, c’est en France que la mobilisation s’intensifie le plus. Plusieurs syndicats agricoles, comme la FNSEA et la Coordination rurale, ont organisé des blocages, érigé des barrages filtrants et manifesté pour tenter de faire entendre leur voix.

En décembre 2024, ils ont protesté devant le Parlement européen à Strasbourg, rejoints par leurs collègues allemands.

Mais cela ne fera pas bouger les positions de l’UE et de sa présidente, qui reste impassible face aux suppliques de ces travailleurs de la terre, passionnés et désespérés.

Euthanasie à petit feu

L’accord avec le Mercosur ne sera que le dernier clou sur le couvercle du cercueil dans lequel l’agriculture européenne a été progressivement jetée au cours de ces vingt dernières années. Entre réformes et autres stupidités venant de « l’élite » européenne dirigeante, les causes sont nombreuses : réformes de la PAC ; ouverture aux marchés internationaux ; flambée des prix des carburants, des engrais et du matériel agricole ; normes sanitaires de plus en plus exigeantes, entraînant parfois des pertes sèches énormes, avec l’abattage de troupeaux entiers pour des questions de « sécurité », par exemple.

Et bien entendu, la volatilité des marchés internationaux, car il est bien connu que ce sont les traders de Wall Street ou d’autres places boursières qui décident de ce que nous allons manger chaque année, et non la terre et les agriculteurs eux-mêmes…

Toutes ces décisions et actions ont peu à peu réduit à néant les petites et moyennes exploitations familiales, pour ne laisser le champ libre qu’aux géants de l’industrie. Et l’exemple le plus frappant en Europe est sans nul doute celui de la France.

Le coq ne chantera bientôt plus

Au début des années 2000, la France était largement autonome pour ses besoins alimentaires. La production nationale était suffisante pour la consommation intérieure en céréales, viande, lait, légumes et fruits. Le taux d’autosuffisance pour les céréales atteignait même 120 %, et 100 % pour les produits laitiers et la viande bovine.

Sous le poids de la concurrence et de la mondialisation, certaines filières ont vu leurs importations augmenter : la France importe aujourd’hui 60 % des fruits consommés, 40 % des légumes, ainsi que des parts importantes de volaille et de porc.

Au final, en à peine vingt ans, et pour toutes les raisons déjà évoquées dans cet article, la France est passée d’une autonomie alimentaire solide à une situation de dépendance, et tout cela à cause de la bureaucratie de Bruxelles et du manque de courage des dirigeants français, qui ne se sont pas imposés pour dire stop.

Le petit théâtre de Macron

Le président français actuel veut faire croire qu’il est opposé à l’accord avec le Mercosur, invoquant le caractère injuste de celui-ci pour la France et ses agriculteurs. Mais comment croire un homme qui, depuis huit ans, fait tout pour détruire la moindre parcelle du patrimoine français ? Bradant des entreprises à des investisseurs étrangers et préférant donner des milliards à une guerre déjà perdue en Ukraine plutôt que de les investir dans des filières agricoles en danger…

Si le président Emmanuel Macron voulait réellement s’opposer à l’UE et à cet accord, il lui faudrait le courage de couper le robinet des finances. Selon une annexe au projet de loi de finances, la France était en 2024 le deuxième contributeur net au budget de l’Union, avec un solde net estimé à –7,9 milliards d’euros selon la méthode comptable. Plus utopique encore, il faudrait qu’il fasse sortir son pays de cette organisation. Mais bien entendu, cela n’arrivera pas !

Merco-sûr

Il est évident que l’accord sera signé. Comme souvent, l’UE n’en a que faire du bien-être de ses citoyens et de ses travailleurs, leur imposant toujours plus de règles et de normes, plus rocambolesques les unes que les autres, en prétendant que c’est pour leur bien.

Malgré des mois de manifestations, malgré la détresse des agriculteurs, malgré l’opposition claire des peuples, Bruxelles avancera. Comme toujours. L’Union européenne n’écoute plus. Elle consulte pour la forme, décide en coulisses et impose ensuite ses choix. Ce système n’a plus rien de démocratique : c’est une machine bureaucratique verrouillée, où des commissaires non élus décident du sort de millions de citoyens.

L’accord Mercosur sera signé non parce qu’il est juste, mais parce que la technocratie l’a décidé.

Voilà la réalité : une Europe qui gouverne sans les peuples finit toujours par gouverner contre eux.

Et une institution qui n’écoute pas cesse, tout simplement, d’être démocratique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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