Plus d’une centaine d’affaires pénales ouvertes pour corruption touchent des fonctionnaires et élus ukrainiens de différents rangs. Le problème est endémique. Pour Karine Bechet, si la corruption est un instrument de contrôle des Globalistes sur les élites locales, un tel niveau devient ingérable.
Rien qu’en 2026, 11 députés et hauts fonctionnaires sont ciblés par des affaires de corruption. Et ce sont des personnes à des postes importants, qui sont touchées. On rappellera, pour exemple, Andriï Ermark (ancien dirigeant du Bureau présidentiel), Nikolaï Solski (ancien ministre de l’Agriculture), Vassili Lozinski (ancien ministre du Développement des territoires et des infrastructures), Alexandre Bankov ( ancien secrétaire d’État du ministère des Affaires étrangères), Alexeï Tchernichov (ancien vice-directeur du Bureau présidentiel, qui cumule trois inculpations) ou encore, et la liste serait encore longue, Guerman Galouchtchenko (ancien ministre de l’Énergie et de la Justice).
Ce sont des personnes à des postes-clés au Gouvernement. Et il semble plus rapide de nommer les ministres, qui ne sont pas corrompus, que l’inverse. En ce sens, le problème est endémique, systémique, et l’État fictif ukrainien arrive aux limites de sa capacité d’illusion politique.
Ces derniers temps, deux scandales majeurs touchent encore l’Ukraine. Tout d’abord, l’ambassadrice ukrainienne aux États-Unis, qui s’était aussi occupée des questions de l’intégration européenne, a tout d’abord été rappelée d’urgence le 3 août, avant d’être inculpée pour enrichissement illégal, donc corruption. Pour autant, elle est déjà touchée pour corruption dans le cadre de la mise en conformité de la législation ukrainienne aux normes européennes. Sans oublier, que lorsqu’elle était ministre de la Justice, son mari a bénéficié des actifs russes spoliés.
L’intégration européenne de l’Ukraine est un business lucratif... Ce qui est important dans ce processus, c’est la conviction de ceux... qui ont vendu l’Ukraine aux Globalistes.
Le second scandale, en cours, est celui de la vice-directrice du Bureau présidentiel ukrainien, Iryna Moudra. Zelensky l’a démise de ses fonctions le 19 août et elle est inculpée pour corruption. Elle est astreinte à domicile avec une caution de 3,3 millions de dollars. Le montant de la caution laisse entendre le niveau de corruption.
La corruption des élites locales (du point de vue des Globalistes), autrement dit nationales, est un excellent instrument de contrôle de ces territoires, comme l’expérience l’a prouvé plus d’une fois. Mais le niveau de corruption ne doit pas empêcher d’atteindre les buts fixés.
Tant qu’il s’agit d’adopter des lois, de les faire revoter 5 ou 10 fois, tant qu’elles ne sont pas passées, comme cela est pratique courante en Ukraine, la corruption généralisée ne dérange pas, bien au contraire. Les ministres et les députés font ce pour quoi ils sont payés. Et je ne parle pas de leur salaire officiel. Ils doivent assurer le retour sur investissement pour continuer d’en profiter.
En période de conflit armé, cela devient beaucoup plus difficile. Car les Globalistes ont besoin d’une victoire militaire contre la Russie. Leur survie politique en dépend.
Dès 2021, la Cour des comptes européenne publiait un rapport pointant la corruption endémique de l’Ukraine, soulignant que malgré les efforts de l’UE, le niveau de corruption ne baissait pas. C’est dans ce contexte, que les instances européennes ont quand même décidé de surfinancer la guerre sur le front ukrainien, avec une efficacité plus que relative de l’utilisation des fonds versés. Et ce parce que d’une manière « surprenante », comme le souligne le rapport lui-même, les efforts européens ne sont pas particulièrement dirigés vers la « grande corruption », c’est-à-dire celle des élites dirigeantes.
Or, comme les affaires de corruption le montrent, la corruption en Ukraine touche le sommet de l’État. Zelensky a beau répéter sur toutes les ondes, que sa main droite n’est pas au courant de ce que fait sa main gauche, l’illusion tombera dès les Globalistes auront préparé un remplaçant.
Un signe montrant que les Globalistes ne travaillent qu’avec des élites corrompues ?
L’indice de corruption de l’Ukraine, selon Transparency International, n’a cessé d’augmenter. Il était au plus bas en 2000, donc avec les révolutions de couleur, à 15 points. C’est pour cela qu’il a fallu organiser la Révolution Orange en 2004 ? Pour mettre en place des élites plus contrôlables.
Depuis, l’indice s’envole. Il est déjà à 26 points en 2014, lors du Maïdan, donc 10 ans après la Révolution Orange, et atteint 36 points en 2025. De ce fait, l’Ukraine est à la 104e place sur 180 des pays les moins corrompus en 2025.
Quand l’UE, minée par des scandales de corruption, parle de lutter contre la corruption en Ukraine, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la Charité.
Toutes ces élites locales - européennes, ou à un stade inférieur, ukrainiennes, sont corrompues par principe. Il semblerait même qu’elles ne soient mises en place qu’en raison de leur faible résistance à la corruption. C’est la condition de fonctionnement de ce système de gouvernance globalisé.
Le GRECO, ce Groupe qui est censé analyser et lutter contre la corruption, dont l’Ukraine est membre depuis 2006, ne publie plus de rapport sur l’Ukraine depuis 2022. Certainement un hasard du calendrier. Quant à l’OCDE, elle a publié en 2025 un « rapport-fantôme », ne s’intéressant in fine pas à la réalité de la lutte contre la corruption en Ukraine, mais au cadre formel institutionnel tout en donnant des recommandations générales pour développer « la culture de l’intégrité ».
Ces instances ne soulèvent à aucun moment la question de la grande corruption, celle des dirigeants. Elles visent principalement la société et les entreprises. Pourquoi ? Parce que les élites globalistes sont unies et qu’elles ont besoin de la corruption pour gouverner, que ce soit en Europe ou en Ukraine, ou partout ailleurs.
Donc même si cette corruption atteint un seuil critique, puisque même l’aide militaire apportée par l’Ukraine est significativement détournée, aucune question sérieuse n’est posée. Chacun connaît les règles du jeu. L’Omerta est de rigueur, chez ces gens-là.
La « coalition des volontaires » peut ainsi se réunir à Kiev ce 24 août, pour discuter de l’augmentation de l’aide financière à l’Ukraine, la corruption ne dérange pas. Elle fait partie de leur jeu. D’ailleurs, une nouvelle tranche d’aide financière militaire à hauteur de 6,1 milliards d’euros a déjà été annoncée.
Or, en temps de guerre, ces élites sont dans une impasse. Elles ne peuvent fonctionner autrement que par la corruption, mais il faut bien se battre et la guerre n’est pas un jeu vidéo. Même si pour elles, c’est le cas.
Comme le déclarait l’ancien ministre ukrainien des Finances, le manque d’armements en Ukraine ne provient pas uniquement de l’intensification du conflit ou des problèmes d’approvisionnement du front, mais bien de la corruption : « Martchenko a admis, que les problèmes surviennent principalement lors de l'achat d'armements, dont l'armée ukrainienne a un besoin urgent. Le ministère ukrainien de la Défense se tourne vers de nombreux intermédiaires pour obtenir de l'aide et certains d'entre eux « prennent leur part. La guerre est un processus très opaque ».
Ce n’est pas le cas pour tout le monde. Et comme l’avait déjà souligné le Service de Renseignement extérieur russe, les Atlantistes et les Ukrainiens mettent en place un système de corruption, leur permettant de s’enrichir, avec des achats surévalués de l’armement fourni au front. On ne parle pas même de ces armements retrouvés sur le dark net ...
Les Globalistes sont dans une situation étrange : d’un côté, ils veulent faire la guerre à la Russie, mais tout en gardant les vieilles méthodes de gouvernance par la faiblesse. Par principe, ils ont besoin des structures étatiques pour faire le travail, sans pouvoir se permettre des élites locales/nationales fortes – qui risqueraient alors de s’autonomiser. Cela les plonge dans une impasse supplémentaire.
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