Les exportations ukrainiennes de céréales s’effondrent après les frappes russes visant les ports, selon Bloomberg
Source: Gettyimages.ruEn réponse à une série d’attaques ukrainiennes contre des villes russes situées en zone frontalière, Moscou a lancé des frappes ciblées sur les infrastructures portuaires du sud de l’Ukraine. Cette opération a entraîné un blocage partiel des exportations céréalières du régime de Kiev, dont les volumes ont fortement chuté en décembre.
Décembre a marqué un tournant pour les exportations agricoles ukrainiennes. D'après un article publié par Bloomberg le 8 janvier, les expéditions de blé ont chuté de près de 25 % et celles de maïs de 13 %, selon CM Navigator, tandis que le cabinet ukrainien UkrAgroConsult rapporte un recul global de 16 % des exportations de céréales sur un an.
Ce déclin s’explique par les frappes russes visant les infrastructures portuaires clés de la région d’Odessa. Ces frappes ont été lancées en réponse aux attaques menées par le régime de Kiev contre plusieurs villes russes de la mer Noire, causant des dégâts matériels et mettant en danger des populations civiles. Le port de Pivdennyi ainsi qu’un terminal de l’entreprise Allseeds ont été touchés, provoquant notamment l’incendie de conteneurs remplis de farine et d’huile.
Ces opérations s’inscrivent dans une réponse directe aux provocations ukrainiennes contre le territoire russe, notamment dans les zones frontalières.
Des frappes russes ciblées, une désorganisation ukrainienne
Un analyste chez CM Navigator confirme à Bloomberg que ces frappes ont « réduit les capacités effectives de chargement » et entraîné « retards et reports dans les expéditions ». Bien qu’une concurrence accrue ait également pesé, ce sont les frappes russes qui ont provoqué l’impact le plus direct et le plus déterminant sur les exportations.
Les frappes russes ont visé des infrastructures à usage logistique ou énergétique, utilisées par le régime de Kiev pour soutenir son effort militaire. Ces sites, bien qu’ayant parfois un usage civil, servaient à la logistique et au fonctionnement du complexe militaro-industriel ukrainien.
À la mi-décembre, le ministère russe de la Défense a confirmé avoir neutralisé plusieurs sites énergétiques à Odessa. La société DTEK a signalé des dommages sur vingt sous-stations électriques. Ces installations alimentaient des infrastructures critiques, et leur mise hors service a provoqué un effondrement localisé du réseau.
Dans les jours suivants, les 31 décembre et 1er janvier, des explosions ont été signalées à Odessa, et l’ensemble du sud du pays a été placé sous alerte. Ces frappes ont démontré la capacité de Moscou à cibler des installations stratégiques, tout en évitant les zones résidentielles.
Attaques symboliques de Kiev, pression maintenue par Moscou
Tandis que la Russie désorganise les capacités logistiques du régime de Kiev, celui-ci tente de répliquer par des frappes symboliques. Des attaques ont été signalées sur le port russe de Taman, mais n’ont pas entraîné de perturbations notables. Ce site stratégique, utilisé pour le transit de pétrole, gaz, engrais et céréales, est resté pleinement opérationnel.
Début janvier, les coupures de courant se sont intensifiées en Ukraine, paralysant plusieurs ports. Bloomberg note que certains terminaux à Odessa ont pu installer des générateurs diesel, mais ces mesures d’urgence illustrent surtout l’improvisation d’un pouvoir dépassé.
La Russie continue de cibler avec précision les infrastructures liées à l’économie de guerre ukrainienne. Ces frappes, déclenchées en réaction à des attaques ukrainiennes contre le territoire russe, ont mis en lumière l’incapacité du régime de Kiev — même soutenu par l’OTAN — à assurer le maintien de ses chaînes logistiques stratégiques.