«Racket pur et simple» : à Lyon, un forfait de 75 euros pour les prières funéraires déclenche un tollé
© Getty ImagesLa Grande Mosquée de Lyon instaurera, en septembre 2026, un forfait de 75 euros pour l’organisation des prières funéraires. Sa direction affirme que la prière reste gratuite et que cette somme couvre uniquement les frais logistiques. Des associations et des responsables religieux dénoncent une marchandisation du culte.
La Grande Mosquée de Lyon se retrouve au cœur d’une controverse après l’annonce d’un nouveau forfait appliqué aux cérémonies funéraires musulmanes. À partir du 1er septembre 2026, les entreprises de pompes funèbres devront s’acquitter d’une participation de 75 euros pour chaque passage dans l’enceinte de la mosquée dans le cadre de l’organisation d’une prière funéraire.
La mesure a été annoncée dans une note de service adressée le 30 juin 2026 aux pompes funèbres musulmanes par le recteur de la mosquée, Kamel Kabtane. La direction de l’établissement assure toutefois que la prière funéraire elle-même restera entièrement gratuite et qu’elle ne sera jamais conditionnée à un paiement.
Selon la Grande Mosquée de Lyon, cette contribution vise uniquement à couvrir les frais matériels liés à l’accueil des cérémonies : mobilisation du personnel, gestion administrative, entretien des locaux, nettoyage, sécurité et fonctionnement général des infrastructures. La direction estime qu’il s’agit d’un coût d’organisation et non d’une facturation du service religieux.
Une charge supplémentaire pour les familles
Cette justification n’a cependant pas convaincu une partie de la communauté musulmane. L’Union française des consommateurs musulmans (UFCM) a dénoncé une décision qui ferait peser une charge supplémentaire sur des familles déjà éprouvées par un décès. Dans un communiqué, l’association parle d’une « double peine » et critique ce qu’elle considère comme une dérive vers une marchandisation des services religieux.
L’UFCM rappelle que les mosquées sont avant tout des lieux de culte financés largement par la générosité des fidèles et qu’elles doivent conserver une mission d’accompagnement et de solidarité, notamment dans les moments douloureux comme les funérailles.
La réaction la plus virulente est venue d’Abdallah Zekri, recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes et vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Il a qualifié cette décision de « racket pur et simple », estimant qu’une prière funéraire, considérée comme un devoir collectif dans l’islam, ne devrait jamais être conditionnée à un paiement.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs fidèles ont également fait part de leur colère, certains dénonçant une atteinte à la vocation spirituelle de la mosquée. D’autres interrogent la nécessité de ce forfait, rappelant les ressources issues des dons ou d’autres activités liées au fonctionnement des institutions religieuses.
Cette polémique relance un débat plus large sur le financement des lieux de culte musulmans en France, l’équilibre entre contraintes économiques et mission religieuse, ainsi que la question de l’accès gratuit aux rites essentiels pour les fidèles.