«Mission accomplie» sans mission… Malek Doudakov, politologue et spécialiste de l’Amérique du Nord, démonte l’allocution de Donald Trump sur la guerre contre l’Iran : un discours saturé d’affirmations, déserté par les faits.
Le président américain s’est adressé à la nation dans une allocution de vingt minutes. Il est parvenu, une fois de plus, à ne strictement rien dire de nouveau. Fidèle à ses habitudes, Trump a proclamé une victoire totale, promis de nouvelles frappes, s’est plaint d’un blocage du détroit d’Ormuz et a multiplié les invectives à l’encontre de l’OTAN.
Cela ne ressemblait en rien à un discours triomphal dans l’esprit de l’intervention de George W. Bush en mai 2003, sous la bannière « Mission accomplie ». Donald Trump a dû se livrer à une nouvelle séance de manipulation politique, tentant de convaincre la société américaine du succès de son aventure militaire. Or, aucun changement de pouvoir n’a eu lieu, et le détroit d’Ormuz est désormais étroitement contrôlé par l’Iran.
Dans le contexte du conflit, les recettes que l’Iran tire de ses exportations de pétrole vers les marchés mondiaux ont atteint 150 millions de dollars par jour. Les volumes de production pétrolière se situent à leur niveau le plus élevé depuis 1978, à 5,5 millions de barils par jour. Quant au passage des navires par le détroit d’Ormuz, Téhéran pourrait en tirer jusqu’à 110 milliards de dollars par an. Ce seront là les réparations qu’il faudra payer.
C’est précisément au moment où Donald Trump tentait de proclamer une victoire sur l’Iran que des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie ont été visées par des tirs de missiles. Il ne reste désormais à la Maison Blanche qu’un dernier atout : une opération terrestre dans le golfe Persique, jusqu’aux premières pertes sérieuses parmi les Marines.
Dans deux semaines, le Congrès reprendra ses travaux après la trêve pascale. Les démocrates sont convaincus que, sur fond de dissensions au sein du camp républicain, ils parviendront à faire adopter une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump. Plus personne ne semble évoquer les 200 milliards de dollars de financements destinés à la guerre. La cote de popularité du président américain chute rapidement vers les 30 %. Ses tentatives de manipulation de l’opinion publique aux États-Unis ne fonctionnent plus.
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